La première commission de lutte contre la prostitution s'est déroulée le 8 février 2018

 
 
La première commission de lutte contre la prostitution s'est déroulée le 8 février 2018

Le 8 février, Christine Wils-Morel a installé la commission de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle en présence du procureur de la République, des représentants des forces de l’ordre et des services de l’État ainsi que des élus et associations. Monsieur Philippe Andres, responsable du service la Babotte à l’Amicale du Nid a contribué à l’animation de cette réunion.

Désormais, toute personne souhaitant sortir d’un parcours de prostitution peut être accompagnée dans un projet d’insertion professionnelle par le CIDFF de Lozère, en partenariat avec l’association Héraultaise de l’Amicale du Nid.

En préambule, Madame la préfète a rappelé l’engagement international de la France dans la lutte contre les actes de violence parmi lesquels la prostitution et l’exploitation sexuelle.

En 1946, la loi Marthe Richard marquait la fermeture des « maisons closes », puis en 1949, la France a ratifié la Convention des Nations Unies pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. Plus récemment, en adoptant, en 2011, une résolution abolitionniste en matière de prostitution, c’est-à-dire « une société sans prostitution », l’Assemblée nationale a réaffirmé les grands principes de la République française : la non-patrimonialisation du corps humain, le respect de son intégrité, l’égalité entre les sexes.

L’installation de cette commission a été l’occasion de rappeler les contours de la loi du 13 avril 2016 qui vise à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées, organise la lutte contre le proxénétisme, le renforcement de la prise en charge des victimes, la prévention en direction des jeunes et du grand public, l’interdiction de l’achat d’acte sexuel.

Il appartient désormais à cette commission  :

- de coordonner les différents acteurs concernés par cette problématique, afin de mettre en œuvre au niveau local une politique concertée contribuant à lutter contre la prostitution et l’exploitation sexuelle.

- de rendre un avis sur les demandes d’engagement des personnes dans un parcours de sortie, transmises par le CIDFF.

Les échanges ont été riches et ont permis de faire émerger plusieurs propositions. Il apparaît nécessaire d’intensifier la sensibilisation notamment auprès des jeunes les plus vulnérables et de développer davantage les actions de prévention dans les établissements scolaires.

La question de l’amélioration du repérage des situations prostitutionnelles et de la façon dont peut être organisée la prise de contact avec ces personnes pour les orienter vers le CIDFF, structure agréée par l’État pour accompagner les parcours de sortie a également été abordée.

A l’issue des débats, il est apparu qu’en Lozère, bien qu’elle soit peu visible puisque on n’observe pas de prostitution de rue, il existe une forme de prostitution cachée donc difficilement quantifiable, notamment à travers internet. Enfin, Xavier Sicot, procureur de la République a fait part de sa volonté de traiter les dossiers qui lui seraient remontés avec la plus grande fermeté. Il a également rappelé qu’à travers la loi, l’acte de racolage n’était plus pénalisé contrairement à l’achat d’une prestation tarifée par un client.

 L’après-midi s’est tenue une formation/sensibilisation organisée par l’Amicale du nid, au bénéfice des membres de la commission. L’objectif de ce temps passé entre institutions et associations était d’acquérir une culture commune sur le phénomène prostitutionnel.