La qualité de l'air intérieur (QAI) - RADON

 
 
La qualité de l'air intérieur (QAI)

Jeudi 22 mars la direction départementale des territoires (DDT) de la Lozère et l’unité départementale Lozère de l’agence régionale de la santé (ARS) ont organisé une soirée d’information sur le radon à l’attention des professionnels du bâtiment : « Amélioration de la qualité de l’air intérieur : Pourquoi et comment réduire le radon dans le bâti lozérien ? » dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Régional Santé Environnement 2017-2021 en Occitanie.

Les intervenants se sont succédé pour présenter les aspects sanitaires, réglementaires et constructifs pour se prémunir de ce gaz naturel que l’on trouve parfois en quantité importante dans notre département.

Bruno BOYER de l’ARS a expliqué que ce gaz se trouve principalement dans les zones où le sous-sol est composé de roches granitiques et volcaniques. La mécanique de dégradation de ces roches dégage un gaz radioactif et instable remontant à la surface de la terre : c’est le radon.

Si le radon ne présente pas de danger particulier à l’air libre, en revanche, on peut le retrouver dans des densités supérieures au seuil de 400 Becquerel (Bq) par m³, fixé par le ministère de la santé, s’il est contenu dans un espace clos comme une habitation, une école ou un lieu de travail.

Le radon est ainsi inhalé et se dépose dans les alvéoles des poumons. Il est reconnu à l’origine de 10 % des décès par cancer des poumons ce qui représente 1200 à 2900 morts par an. Le tabac est un facteur aggravant qui multiplie par 25 le risque de déclarer ce type de cancer.

Ensuite, Chantal PROSDOCIMI de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Occitanie (DREAL) a expliqué que l’État avait lancé une campagne de prévention et de sensibilisation sur la qualité de l’air intérieur dont le radon était un polluant au même titre que le benzène et les formaldéhydes. Les enfants sont une cible prioritaire. En effet, ils respirent davantage d’air que les adultes (toute proportion gardée ₋ ramenée à leur poids) et passent plus de temps dans un espace clos. C’est pour ces raisons que la réglementation impose de mesurer la présence de radon tous les 9 ans dans les établissements recevant de jeunes enfants comme les crèches, les écoles maternelles et primaires. De plus, depuis le 1er janvier 2018, ces établissements doivent avoir vérifié leurs moyens de ventilation et réalisé une campagne de mesure des polluants.

Enfin, Nicolas LAVEISSIERE du CEREMA de Clermont-Ferrand, présentait de quelle façon le radon pénétrait dans les bâtiments et les moyens à mettre en œuvre pour le réduire.

Le radon s’infiltre par toutes fissures, failles ou joints mal colmatés. La densité peut dépasser les 2500 Bq/m³! La première chose à faire est d’agir sur la ventilation en aérant régulièrement et quotidiennement son logement. On doit également rechercher et boucher tous les points d’entrée du radon. Si on dispose d’un vide sanitaire, il faut impérativement le ventiler tout en veillant de ne mettre les bouches d’extraction à proximité immédiate des fenêtres du dessus. S’il est plus compliqué d’agir sur des bâtiments existants, il est très facile de prévoir les techniques qui seront mises en œuvre dès la conception d’un projet neuf : vide-sanitaire ventilé, réalisation soignée des dalles, pose d’un film anti-radon, pose de drains et puisard si terre-plein, bouchage des fissures de retrait, pose soignée des menuiseries, veiller à la circulation de l’air par le détalonnage des portes, s’assurer du bon fonctionnement de la ventilation, mettre une amenée d’air frais extérieure pour les poêles et foyers.

Une campagne de mesures dans les logements a été lancée cet hiver par l’ARS avec la distribution de 300 dosimètres. Ce petit appareil mesure la densité de radon sur une période de 2 mois durant la saison hivernale (novembre à avril). Les résultats seront connus dans le courant de cet été.

En conclusion, il faut ventiler naturellement et quotidiennement son logement ou sa classe lors des inter-cours.

Contacts en Lozère :

DDT/SREC/BDEA – 04 66 49 41 13 et/ou ARS /UD48 / Santé-Environnement 04 66 49 40 83