Le plan loup en Lozère

 
 
Le plan loup en Lozère

Depuis 2012, les services de l’État se mobilisent pour la protection des troupeaux contre les prédations du loup et pour une mise en œuvre efficace et réactive des mesures du plan loup.

La présence du loup dans le département est avérée

Plusieurs indices de présence du loup en Lozère ont été découvert depuis 8 ans. La synthèse des observations recueillies permettait jusqu’en 2012 de conclure à des passages d'animaux en dispersion sur l'ensemble du Massif Central, sans preuve d'installation d'une population viable.

La présence d'un animal s'est affirmée dans le département pour la première fois au cours de l'hiver 2011/2012. Cette présence a été confirmée durant l’été 2012 par des indices probants de deux individus et par des actes de prédation sur les troupeaux domestiques, principalement sur les causses et sur le Mont Lozère, classés depuis en zone de présence permanente.

Les indices 2014 confirment la présence du loup sur l’Aubrac (2 individus certains), sur la Margeride et sur le Mont Lozère.

Dommages au bétail ( illustration : Cartes des attaques)

 En 2012, pour 35 attaques, la responsabilité du loup n'a pas été écartée lors de l'expertise réalisée par les services spécialisés de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. La majorité des dégâts se situait sur le Causse Méjean ; trois attaques concernaient le Mont Lozère et une s'était déroulée sur le massif de la Gardille. On dénombre 45 animaux tués et 63 blessés.

En 2013, pour 27 attaques, la responsabilité du loup n'a pas été écartée. La grande majorité des dégâts se situait sur la Margeride, plus marginalement sur le Mont Lozère et l’Aubrac. On dénombre 41 animaux tués et 46 blessés. Le nombre d’attaque a donc baissé par rapport à 2012.

En 2014, le bilan esr à ce jour de 13 attaques attribuées au loup sur la Margeride (canton de Châteauneuf de Randon), la partie est du Mont Lozère et l’Aubrac. On dénombre 37 ovins ou caprins tués et 25 blessés au total. Par ailleurs deux attaques ponctuelles sont recensées à Ispagnac et Florac pour lesquelles l’expertise n’a pas écarté la responsabilité du loup. On dénombre 37 ovins ou caprins tués et 25 blessés au total.

La Direction départementale des territoires procède à l'indemnisation des dommages causés à l'élevage.

 Ce bilan des attaques au sein de territoires d'élevage, notamment ovin, fait clairement apparaître des difficultés de cohabitation pour lesquelles il est nécessaire d'apporter des réponses rapides, graduelles et adaptées au contexte local. En effet, les modes d’élevage pratiqués dans le département de la Lozère sont spécifiques.

Application du plan national loup en Lozère

Les services l’État mettent en œuvre les mesures du plan loup depuis 2012. Parmi les mesures prévues par le plan, l’État encourage les éleveurs à mettre en place des mesures de protection des troupeaux et à utiliser tous les moyens mis à leur disposition.

Pour apporter une réponse adaptée au territoire, et pour que les enjeux lozériens soient intégrés au dispositif, la direction départementale des Territoires participe et contribue aux groupes de travail nationaux pilotés par les ministères concernés.

Suivi de l’espèce

Trois formations de correspondants loup-lynx, organisées par la DDT et conduites par l’ONCFS/CNERA ont permis la constitution d’un réseau d'une centaine de personnes dans le département, qui contribue grandement à la collecte d'indices de présence.

Ce réseau est construit avec une volonté d'ouverture à toutes les structures partenaires.

L’objectif est de recueillir le plus d’information possible pour mieux apprécier la présence du loup dans le département. C’est grâce à ce réseau que la présence du loup a pu être confirmé. Ainsi, sur l’Aubrac ce sont les indices recueillis cette année qui ont permis d’identifier deux individus différents.

Les personnes témoins d’une observation visuelle ou d’autres indices (pistes, empreintes, restes de proie) permettant l’identification d’un loup peuvent s’adresser à l’ONCFS (04 66 65 16 16).

Protection des troupeaux

Les éleveurs de troupeaux ovins et caprins situés sur les zones exposées à la prédation peuvent mettre en place des dispositifs de protection. L’État propose des subventions pour l’achat et l’entretien de chien, l’achat de clôture (parcs de nuit mobiles électrifiés ou clôtures fixes électrifiées) ou le sur-coût de gardiennage (embauche d’aide-berger ou gardiennage fait par l’éleveur pour rentrer les brebis la nuit en bergerie par exemple).

29 demandes de subvention pour la protection des troupeaux ont été déposées en 2013. 21 nouvelles demandes ont été déposées depuis le début de l’année 2014.

 Il est à noter qu’en cœur de parc, le PNC a obtenu des crédits afin d’intervenir en complément des aides existantes pour faciliter l’embauche de bergers supplémentaires.

Défense des troupeaux ( illustration : carte des unités d’action)

Lorsque les opérations d’effarouchement (par moyens visuels ou sonores, par tirs non létaux) s’avèrent insuffisantes pour empêcher les tentatives de prédation du loup, des tirs de défense peuvent intervenir dès lors que le troupeau est protégé.

Des unités d'action, dont le périmètre est arrêté par le préfet, délimitent les zones où la prédation par le loup est probable (en dehors du cœur du parc national). Dans ces unités d’action, des tirs de défense, avec arme à canon lisse ou à canon rayé selon le cas, peuvent être autorisés par le préfet sur demande de l’éleveur.

C’est ainsi que le préfet de la Lozère a autorisé les tirs de défenses sur sept exploitations en 2013 et cinq en 2014 dans des délais extrêmement rapides. Un arrêté préfectoral du 22 avril 2014 définit les unités d’action en Lozère. Dans ces zones, les procédures d'accès aux mesures d'intervention sont plus rapides.

En cas de récurrence des attaques l’éleveur concerné peut demander au préfet l’autorisation d’un tir de défense renforcée. Dans ce cas jusqu’à dix personnes agréées par la préfecture peuvent participer à la défense du troupeau. En Lozère, le préfet a agréé une centaine de personnes formée spécifiquement pour cela. Ce dispositif pourra être mis en œuvre avec l’appui de la fédération des chasseurs, des lieutenants de louveterie et de l’oncfs.

Dans la zone cœur du parc national des cévennes où les tirs de défense sont aujourd’hui interdits, le Préfet et le président du parc ont appelé l’attention des ministres concernés pour demander que soit examinée la possibilité d’une évolution de la législation.

Concertation locale

Le préfet est attaché à ce que les échanges avec la profession soient renforcés. Le comité grands prédateurs a été réuni le 24 mars 2014 par la DDT. Le bilan 2013 a été présenté et un point a été effectué sur les dernières attaques et sur les moyens de protection proposés.

Un comité de suivi restreint se réunit régulièrement pour faire le point de la situation dans le département. Il associe les principaux acteurs du dossier grands prédateurs : services de l’État (DDT, ONCFS), chambre d’agriculture, fédération des chasseurs, parc national des Cévennes.

 Enfin, les services de la DDT peuvent rencontrer, s’ils le souhaitent, les éleveurs touchés individuellement.

Procédure à suivre en cas d’attaque sur troupeaux domestiques par des grands canidés :

Les éleveurs ayant subi  un dommage ayant pu être causé par un grand canidé non identifié (au moins  une victime présentant des traces de morsures peau perforée profondément avec présence de sang) peuvent solliciter une expertise des services de l’État. Pour cela :

  • contacter immédiatement l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage au 04 66 65 16 16
  • laisser un message avec les éléments suivants :

coordonnées de la personne à contacter (nom, prénom, numéro de téléphone) ;
lieu et date supposés de l’attaque ;
nombre de bêtes blessées ou tuées ;
autres éléments pertinents (coordonnées des témoins, du propriétaire, observations, indices, …)

  • ne pas déplacer les bêtes tuées et les protéger à l’aide de branches, bâches, etc. afin d’éviter une consommation secondaire
  • relever les numéros complets d’identification des animaux